Qu’est-ce que la norme ECE 22-05 ?

La norme ECE 22-05, on entend souvent parler quand on est motard. Pas uniquement par les vendeurs, mais aussi parce qu’elle se retrouve mentionnée à l’intérieur des casques moto. Ou plutôt devrait l’être, car si votre casque ne dispose pas de cette étiquetage, il faudra vérifier s’il répond bien aux critères de sécurité. Dans cet article, nous vous expliquons à quoi elle correspond et en quoi elle est importante.

D’où vient la norme ECE 22-05 ?

La norme 22-05 n’est pas issue de la loi française, ni même d’un règlement européen. En réalité, elle a été produite par l’UNECE qui est un organisme émanant de l’ONU. Elle est donc le fruit de longues discussions entre des lobbys puissants et les intérêts des consommateurs. Le tout visant à garantir une sécurité optimale tout en gardant à l’esprit que la production de casques moto doit encore être rentable et à la portée de toutes les bourses. Pour cette raison, il sera toujours possible de la critiquer, même si elle convient au plus grand nombre.

Pour être homologué, un casque moto doit passer plusieurs tests pour démontrer sa résistance. Le 05 que l’on peut lire à la fin de la norme correspond au cinquième amendement qui régit les casques moto. Il est aussi possible de lire un « 04 » qui correspond à l’amendement précédent.

Cet accord sur les normes à respecter fait partie d’un accord international sur les « prescriptions uniformes relatives à l’homologation des casques de protection et de leurs écrans pour conducteurs et passagers de motocycles et de cyclomoteurs. »

La norme est transposée dans la loi française sous le titre de norme NF S 72.305 qui intègre l’ensemble des requis internationaux ainsi que certaines spécificités bien françaises dont nous parlerons plus loin.

La norme ECE 22-05 régit la protection minimale des casques moto

Des alternatives à la norme ECE 22-05 ?

Il n’existe pas, à l’heure actuelle, d’alternative légale à la norme ECE 22-05. Néanmoins, certains autres tests sont progressivement mis en place sur base d’initiatives privées ou publiques.

Dans ce registre, l’université de Strasbourg a organisé la création de tests plus poussés qui permettent de mieux modéliser l’absorption des chocs par les casques lors des chocs et des chutes. En effet, les actuels tests n’imposent aux fabricants qu’un testing sporadique de leur production et uniquement sur certains critères (chute verticale, par exemple). Or, confrontés à la réalité, ces tests en laboratoire montrent souvent leur limite.
En effet, un test classique pour homologuer un casque moto doit être réalisé en laboratoire, lui-même accrédité pour pouvoir délivrer les certifications. Pour « tester » un casque, on lui fait subir différents examens qui sont détaillés dans un vade mecum strict. Par exemple, pression en étau, chute à la verticale à vitesse contrôlée, etc.

Cela permet d’avoir des données claires et universelles que l’on peut comparer à d’autres. Or, cela est très loin de la réalité. Et surtout, les fabricants peuvent tricher, comme ce fut le cas avec VW et les émissions de CO2. Enfin, pour vérifier qu’une production de casque moto puisse être homologué, le fabricant doit fournir un casque moto de son choix à tester tous les quelques milliers d’exemplaires. 7 casques pour 3.200 unités vendues. Cela est peu objectif.

Certimoov qui a été mis en place en France n’est pas réellement plus objectif. Mais il a l’avantage de tester la résistance d’un casque moto suite à un choc et suite à une chute et sur différents axes de collisions !

Comment reconnaître un casque homologué ?

Si vous optez pour un casque moto d’une grande marque, il est quasi certain qu’il soit homologué. Tout simplement parce que ces marques ne prendront aucun risque. Mais si vous optez pour des casques produits-blanc ou vendus chez Lidl, alors il devient intéressant de s’y attarder.

L’homologation doit être présente sur la jugulaire du casque via une petite étiquette. Cette dernière peut être verte (couleur de la France) ou blanche (couleur européenne). Et on doit pouvoir y lire la lettre « E. » Si l’étiquette est d’une autre couleur, l’homologation n’est pas valide en France. Le « E » représente l’Europe et cette lettre doit être suivie d’un chiffre, indicatif d’un pays.

La norme ECE 22-05 dispose de plusieurs homologations différentes en fonction de la certification reçue par le casque. Ainsi, un casque jet fera mention de la lettre « J » indiquant qu’il est homologué Jet. Un intégral aura lui la mention « P » indiquant qu’il protège effectivement le motard. Si ce n’est pas le cas, ce sera « NP » pour « non-protective. » Dans ce dernier cas, le casque ne protège pas le motard.

Enfin, les casques modulaires peuvent, mais ne doivent pas, disposer d’une double homologation. Les meilleurs casques moto modulables auront la mention « P/J » indiquant qu’ils sont à la fois homologués comme jet et intégral. Au cas où il n’y aurait que la lettre « P » indiquée sur l’étiquette, cela signifierait que le casque n’est pas homologué dans sa configuration jet, avec la mentonnière relevée.

Que teste la norme ECE 22-05 ?

La norme ECE 22-05 teste les casques moto sur différents points afin d’être sûr qu’ils protègent effectivement les motards.

Chaque casque moto est contrôlé sur les points suivants :

  • Résistance aux abrasions
  • Déformation lors des chocs
  • Amortissement des chocs
  • Retenue du casque lors des chocs
  • Qualité de la visière
  • Angle de vision

La norme française NF S 72.305

La France a bien sûr intégré cette norme européenne et mondiale a sa propre législation. Mais elle a également ajouté une contrainte supplémentaire. Tout casque vendu sur le territoire doit disposer de bandes réfléchissantes en plus de répondre à la norme ECE 22-05. Au total, il doit y en avoir 4 : un sur le devant, un à l’arrière et un de chaque côté.

C’est au vendeur de fournir ces autocollants gratuitement et de les poser gratuitement si l’acheteur en fait la demande. De nos jours, il existe encore de nombreux motards qui ne portent pas ces stickers et cela est considéré comme une infraction, même si une certaine latitude est encore laissée par la gendarmerie. Pourtant, le montant de la sanction a de quoi dissuader : 3 points en moins sur le permis et 90 euros d’amende.